La “mondialisation heureuse” à l’épreuve de Hénin-Beaumont

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Par David Desgouilles

Ainsi le Front National se retrouve une nouvelle fois en position de bouleverser l’ordonnancement électoral des partis de gouvernement. En plaçant Steeve Briois et Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection municipale partielle de leur ville, les électeurs de la commune de Hénin-Beaumont nous envoient un message et il est vital de le comprendre.

On aurait tort de croire que les problèmes judiciaires de l’ancien maire sont seuls à l’origine de la déconfiture des grands partis. A Perpignan, Jean-Paul Alduy a été réélu presque triomphalement bien que la tricherie aux élections de 2008 ait été confirmée par le Conseil Constitutionnel. Le suicide de son collègue et ami Jacques Bouille, soupçonné ainsi que tous son équipe de la mise en place d’un système de corruption à Saint-Cyprien, a plutôt favorisé une mobilisation en sa faveur. Question de nord et de sud, me rétorquerez-vous ? Ce serait oublier le précédent Jacques Mellick dans une Béthune, qui n’a rien de méditérranéenne, où les habitants réélirent leur maire malgré toutes les marmites qu’on voyait traîner derrière lui.

Donc, il y a autre chose. Et cette autre chose, on la comprend en faisant un peu de géographie et d’économie locale mêlées. Hénin-Beaumont est une ville où on a  commencé à licencier à tour-de-bras bien avant le déclenchement de la crise des subprimes. Hénin-Beaumont, et surtout ses habitants, sont victimes du libre-échange intégral, d’une construction européenne qui en fut le cheval de Troie et avec la complicité des partis qui se sont succédés au gouvernement français lesquels entonnaient en chœur le refrain d’Alain Minc :”Ah que la mondialisation est heureuse” !

Et c’est naturellement qu’ils ont fini par se tourner vers un parti qui a fait du concept de “frontière” l’alpha et l’omega de toutes ses positions politiques depuis son émergence en 1984. La frontière qu’on a ouverte aux travailleurs étrangers, la frontière qu’on a ensuite ouverte aux produits fabriqués à l’autre bout du monde par des travailleurs payés à un tarif défiant toute concurrence, cette frontière avait disparu et le Parti socialiste avait contribué à la faire tomber. Ajoutons effectivement la goutte de la malhonnêteté dans ce vase social déjà bien rempli, et on se retrouve avec les résultats de dimanche soir.

Tant que le Parti Socialiste n’aura pas recouvré l’objectif de protéger les classes populaires de ce libre-échange dévastateur, il s’exposera à ce genre de déconvenue. Tant que Nicolas Sarkozy tiendra le discours de la protection tout en faisant l’inverse et en croyant que les électeurs sont dupes, il sera lui aussi en danger de voir remonter sur sa droite un parti dont il croyait avoir eu la peau(1). Je ne serais pas étonné qu’un bon nombre des électeurs de Marine Le Pen dimanche ne se soit pas déplacé trois semaines plus tôt à l’occasion des élections européennes. Nul doute qu’il saurait se mobiliser pour une élection présidentielle.

Si Marie-Noëlle Lienemann avait accepté de mener la bataille, il est fort possible que le ballotage eût été moins favorable au Front National. Elle a toujours été de la marge du PS qui alertait ses amis sur l’ardente nécessité de revenir aux fondamentaux de la Gauche : protéger la classe ouvrière. Et elle est connue comme telle. Il est possible qu’elle soit bien épuisée à envoyer de tels signaux depuis tant d’années sans qu’ils soient remarqués. Elle abandonne ses mandats les uns après les autres. Elle peut aussi avoir des raisons davantage personnelles, ce qu’il convient de respecter.

Une chose est certaine : si le Front National s’installe à la mairie de Hénin-Beaumont lundi prochain, cela aura au moins un effet bénéfique : celui d’envoyer aux partis qui nous gouvernent depuis trente ans le message suivant :”Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles”. Mais sont-ils encore capable d’entendre un tel message ?

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(1) Notons au passage que l’UMP n’a réuni que 5,42 % des voix dimanche dernier, ce qui devrait interpeller ses dirigeants 

Les résultats officiels de la liste Debout la République pour le Nord-Ouest

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La liste Debout la République menée par Thierry Grégoire pour la circonscription Nord-ouest obtient 59 527 voix soit 2,40%


Résultats par département :

Nord : 14 949 voix soit 2,30 %

Pas-de-Calais : 9 737 voix soit 2,38 %

Somme : 3 370 voix soit 2,07 %

Aisne : 3 125 voix soit 2,19 %

Oise : 4 980 voix soit 2,48 %

Seine Maritime : 9 120 voix soit 2,70 %

Eure : 3 957 voix soit 2,52 %

Orne : 2 263 voix soit 2,68 %

Calvados : 4 688 voix soit 2,39 %

Manche : 3 338 voix soit 2,31 %


L’ensemble des sept listes Debout la République obtiennent au total 309.594 voix et 1,77 % des suffrages exprimés


Dimanche, pour une France libre dans une Europe utile, votons pour la liste Debout la République menée par Thierry Grégoire !

Nicolas Dupont-Aignan : « On se contente de regarder les trains passer alors que le pays est en train de crever ! »

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« Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance… » Un peu de Trénet pour se mettre en appétit et accompagner l’entrée dans une salle des cérémonies comble (quelque deux cent cinquante personnes) de Nicolas Dupont-Aignan, chef de file du mouvement Debout la République. Mais d’« insouciance », il ne sera pas plus longtemps question…

Enfin, si, encore un peu tout de même. Le temps notamment pour François-Xavier Villain de brocarder celle avec laquelle ses adversaires auraient jusqu’ici choisi de gérer l’Europe. Et de se gausser ainsi de la récente venue à Cambrai de Jacques Toubon («  Un homme pourtant respectable », prendra soin de mentionner le député-maire), dans le cadre d’un meeting estampillé UMP au gré duquel l’ex-Garde des Sceaux et ministre de la Culture, aujourd’hui eurodéputé, aura décidé de défendre l’institution européenne en expliquant – sans doute avec l’intention d’en faire un exemple probant de la richesse des travaux du parlement – qu’on légifère en ce moment même à Bruxelles «  sur la taille des étiquettes des pots de yaourts »… Rires dans la salle. Et sur le visage d’un FXV se fendant d’un cuisant : «  Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de la taille des étiquettes des pots de yaourts ? » Et l’édile cambrésien de poursuivre sur le même ton : «  On nous dit que le contournement de Cambrai, la piscine Liberté et autres, c’est grâce à l’argent qu’a donné l’Europe ! Mais la France verse chaque année 19 milliards d’euros à cette Europe, qui ne lui en redistribue que 13 ! Et il faudrait encore qu’on lui dise merci ? » Applaudissements nourris. « Il est où le vrai débat dans tout ça ?,interpelle alors François-Xavier Villain. Le vrai débat, c’est de savoir quelle Europe on va léguer à nos enfants. Et nous, on ne veut plus de cette Europe qui méprise les citoyens en voulant tout réglementer ! » Surfant sur la même vague, Thierry Grégoire, tête de liste de Debout la République dans la circonscription Nord-Ouest, prend alors le relais en insistant sur le fait que «  l’Europe est une idée merveilleuse qu’on est en train de nous faire détester ».

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Vient le tour de Nicolas Dupont-Aignan… «  Stop à la mascarade ! », tance l’ex-cadre d’un RPR dont il aura claqué la porte pour en avoir assez de voir ses anciens amis «  et le PS mener la même politique en faisant semblant de se diviser sur l’accessoire ». Il en veut pour preuve le fait qu’ils aient tour à tour ratifié «  des traités les dépossédant à chaque fois un peu plus de leurs pouvoirs et prérogatives, au profit de la commission de Bruxelles, de la cour de justice de La Haye ou de la banque centrale européenne, que gèrent des technocrates, non élus et donc non légitimes pour incarner ce que souhaitent les citoyens ! » Résultat ? «  On se contente de regarder les trains passer alors que le pays est en train de crever », déplore le leader de Debout la République, qui parle de «  débâcle industrielle » face à laquelle on lui répond, lorsqu’il se rend dans un ministère, «  qu’on ne peut rien faire parce que c’est Bruxelles qui décide »… Alors comment la verrait-il, « son » Europe, Nicolas Dupont-Aignan ? Il l’a expliqué dans son Petit livre mauve.

Au sein duquel il est notamment indiqué que l’Europe devrait ressembler, en quelque sorte, à «  un syndic de copropriété ». Et comme le concierge dudit syndic «  n’a pas à se mêler de ce que vous mangez, à quelle heure ou encore de la couleur de votre moquette », l’Europe se chargerait uniquement «  des parties communes, en laissant le soin à chaque pays de s’occuper de son chez-soi ». L’idée de Nicolas Dupont-Aignan serait ainsi de créer des «  agences de coopération à la carte » entre pays membres, «  pour s’accorder sur des points précis, sans attendre que les 27 soient d’accord ou subir les fourches caudines des technocrates bruxellois »

La Voix du Nord

Réunion-débat sur l’Europe, le 26 mai à Bapaume

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Réunion-débat le 26 mai 2009 à partir de 20h15 à la salle des fêtes de Bapaume (62), en présence de représentants des principales listes en compétition aux européennes.


“Méconnaissance ? Désintérêt ?
Les élections européennes mobilisent peu nos concitoyens. Pourtant, les décisions prises par les instituions européennes orientent fortement les politiques nationales.
Fidèle à ses objectifs, d’informer, de densibiler et dynamiser la vie politique Bapalmoise,  l’association “Pour Bapaume” souhaite clarifier les enjeux de cette élection et ceux de la construction européenne aujourd’hui.
L’association organise une rencontre entre candidats aux élections Européennes et les citoyens
le 26 mai à partir de 20 h15 à la salle des fêtes de Bapaume.

Seront réunis pour défendre leur programme face à la crise financière et économique (plans de relance, paradis fiscaux, Europe sociale), aux crises internationales (conflits internationaux, prolifération nucléaire…) et à la crise écologique :

- pour D.L.R. Thierry GREGOIRE,
- pour Europe Ecologie  Hélène FLAUTRE,
- pour le Front de Gauche  Françis BOULET,
- pour le Front National  Wallerand de SAINT JUST,
- pour le MODEM  Olivier HENNO,
- pour le N.P.A. Séverine DUVAL,
- pour le P.S.  Jean- Louis COTTIGNY,
- pour l’U.M.P.  Philippe RAPPENEAU

avec la participation de Hervé DUJARDIN journaliste
et radio Scarpe Sensée”

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