Archive pour mai 2008

Le tribunal de Lille déclare la virginité «qualité essentielle» de la femme avant le mariage

Communiqué de l’UFAL :

Le tribunal de grande instance de Lille vient de rendre un jugement étonnant : il a considéré la virginité comme une « qualité essentielle » (sic) de la femme avant le mariage.

Un mari avait demandé l’annulation de son mariage au motif que sa femme n’était pas vierge alors qu’elle avait prétendu l’être. Il se trouve que les deux époux sont de confession musulmane. Le tribunal aurait-il tenu compte de la religion des époux pour rendre son jugement ? De deux choses l’une : ou bien le tribunal a été différentialiste et a rendu un jugement discriminatoire, ou bien il faut comprendre que la virginité est devenue une qualité essentielle sur laquelle une future épouse ne doit dorénavant ni plaisanter, ni mentir.

La décision rendue par le tribunal pervertit l’esprit même de cette loi qui avait pour finalité manifeste de protéger les femmes contre les mariages forcés.

Il s’agit d’un précédent : la République, en tant qu’elle est laïque, n’a jamais considéré, ni dans son esprit ni dans sa lettre, que la virginité pouvait être une qualité essentielle d’une citoyenne qui veut librement s’engager dans le mariage, fût-elle musulmane.

Un jugement rendu par un tribunal français est prononcé au nom du peuple souverain, source de la volonté générale, et non pas au nom d’une religion, d’une tradition ou d’un droit coutumier. Dans la même veine anti-républicaine, anti-laïque et anti-féministe, pourquoi ne pas aller jusqu’à blanchir cette coutume barbare qu’est l’excision ?

L’UFAL appelle la représentation nationale et, au-delà d’elle, tous les citoyens, à résister à cette dérive communautariste et à refuser ce jugement : il serait en effet désastreux qu’il fasse jurisprudence.

Cérémonie de naturalisation à Lille : discours républicain du Préfet, et discours anti-républicain d’une “nouvelle Française”

Par Fanny Deulin

En lisant La Voix du Nord du samedi 24 mai 2008, j’eus l’agréable surprise de découvrir que le Préfet du Nord avait organisé, la veille, une cérémonie à la Préfecture à l’occasion de 75 naturalisations.

Outre le champagne et les petits fours, mérite d’être retenu le discours d’accueil du Préfet Canepa à ces nouveaux Français : « Aujourd’hui, la France n’est plus seulement votre lieu de résidence : elle devient votre patrie ». Il rappela que ces nouveaux Français étaient « ainsi rattachés à la longue histoire de notre pays ». Et d’ajouter : « Cela veut dire que les droits et les devoirs prévus par la République sont désormais vos droits et vos devoirs ». En bon républicain, le Préfet rappela ce que sont les droits de l’homme et l’égalité des femmes en France : « Notre pays ne tolère aucune discrimination ou violence liée au sexe et de telles pratiques sont condamnées par nos lois ».

La républicaine que je suis ne peut qu’applaudir le Préfet. Comme j’aimerais que Martine Aubry soit sur la ligne du Préfet Canepa, elle qui choisit toujours le communautarisme religieux ou ethnique ! J’espère que les socialistes de l’agglomération lilloise n’auront de cesse de lui rappeler ce discours républicain préfectoral.

La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, j’ai bondi en lisant l’un des trois mini-entretiens de nouveaux naturalisés Français. Si Bouhaba B., arrivé d’Algérie en 1964 à l’âge de 2 mois, déclare que « le discours du préfet est clair : il faut respecter les lois françaises », sont inquiétants les propos tenus par Nadia L., 21 ans, arrivée du Maroc en France en 2001. Portait-elle à la Préfecture le voile qu’elle arbore sur la photographie ?.

Que dit-elle ? « Mon père est venu le premier dans le but d’améliorer notre vie. Il a trouvé du travail, un logement et a décidé du regroupement familial. Deux sœurs sont restées au Maroc. Pour moi, trouver du travail, ce sera plus simple avec la nationalité. Je voudrais être soignante. Mais je vais me marier avec un Marocain qui vit en Espagne ! Je reste toujours marocaine, j’ai la double nationalité. Entendre le préfet parler du droit des femmes fait plaisirs. » Nadia L. est naturalisée Française et réussit le coup de maître de ne jamais prononcer le mot « Française ». En revanche elle affirme qu’elle « reste toujours marocaine », qu’elle va se marier avec « un Marocain qui vit en Espagne » et qu’elle a « la double nationalité ».

En somme, à la lire, Nadia L. a demandé sa naturalisation non pas pour devenir Française, vivre comme une Française dans le cadre des lois françaises et, comme l’a dit le Préfet, être ainsi rattachée « à la longue histoire de notre pays », mais pour en tirer une simple utilité : avoir un travail. Le discours de Nadia L. résume et condense ce que pensent de nombreux jeunes dits « des banlieues » : ils ne sont pas et ne seront pas Français ! Ils entendent bénéficier de la société d’accueil tout en se considérant du pays de départ.

Certains franchissent même le pas en imaginant qu’ils ont le droit de transposer leur société de départ dans la société d’arrivée, la France. La France n’est-elle pas le pays des Droits de l’Homme et de la liberté, disent-ils ? Dans ces conditions leur tenir le discours du Préfet Canepa peut être alors perçu comme du racisme et même du « républicanisme laïque de colonisateurs » comme aiment à le répéter à ces jeunes les Indigènes de la République, mais aussi ceux des anti-républicains et anti-laïques qui sévissent au PS, au PCF et à l’extrême gauche, chez les Verts.

Les Républicains laïques ont intérêt à méditer les quelques phrases de Nadia L.. Elles portent en germe des risques de conflits ethniques en puissance, destructeurs de la société française et de la possibilité de vivre en commun. Ils ont aussi à méditer sur la « machine infernale » que représente la double nationalité, surtout chez des jeunes en perte de repères ou sous emprise des intégrismes religieux.

Source : Riposte Laïque

Mai 68 en débat, ce vendredi à Lille

Dans le cadre des rencontres “Actualité d’hier, histoire d’aujourd’hui”

Vendredi 23 mai à 20 heures

Au Nouveau Siècle – 8, place Mendès-France – Lille

Grand débat :

“Les acquis de Mai 68 : pour le meilleur ou pour le pire ?”

Organisé par les revues “l’Histoire” et “le Magazine Littéraire”

En partenariat avec “Marianne”.

Avec Daniel Cohn-Bendit, Henri Guaino, Michel Winock, Elio Di Rupo et Jean-François Kahn

Manifestations du 15 mai : paroles de profs et lycéens en colère

Lille. La manif des fonctionnaires démarre à 14h30. En tête les profs, soutenus par les lycéens. Bruno, Eva, Irène, les deux Simon, Florian, directeur d’école, lycéens, profs, ils et elles disent pourquoi ils sont en grève.

«Des classes de langue à 35, c’est impossible». C’est pourtant ce qui risque d’arriver au lycée Gambetta de Tourcoing l’an prochain, si Florian Berche, responsable nordiste de l’UNL, élève dans l’établissement, a bien fait ses calculs. On annonce cinq suppressions de postes, «alors qu’en S on est déjà 35 par classe».

«On met en difficulté ceux qui ont du mal à suivre», ajoute Simon en terminale S au lycée Picasso, dans le quartier populaire de la République, à Avion. Pour l’instant, ils sont 27 dans sa classe. «En TP, à 14, on est limite, le prof n’a pas toujours le  temps de voir chacun». Avec le projet de supprimer une première S, il a calculé que ses collègues seront 38 l’an prochain. L’autre solution, c’est s’inscrire au lycée Condorcet de Lens, «mais ça veut dire quitter la maison à 7h et rentrer à 19h, et puis manger à la cantine, toutes les familles n’ont pas les moyens».

«Arnaque». «Cela fait cinq ans qu’on se chope les plus grosses suppressions de postes dans l’académie, alors qu’on a les plus bas résultats de France», dit un autre Simon, professeur d’histoire-géographie à la cité scolaire Emile-Zola, à Wattrelos. «Dans l’académie du Nord, 2/3 des suppressions sont liées à une baisse d’effectifs. C’est un raisonnement statistique, qui ne me paraît pas logique car on pourrait en profiter pour mener une vraie politique pour les collèges ambition réussite, qui ont un encadrement insuffisant. Mais ce que je n’admets pas, c’est qu’il y a un tiers des suppressions qui est lié à la politique de Sarkozy de dégager des heures supplémentaires.

Dans mon lycée, deux postes sont supprimés, soit 36 heures. Mais cent heures ont disparu. On va compenser la différence avec énormément d’heures supplémentaires, et en ratiboisant de ci, de là. Ces heures sup, c’est une arnaque financière. Elles sont moins bien payées que nos heures normales : 50% moins cher la première heure et 40% les suivantes. Surtout qu’une heure supplémentaire, ce n’est pas qu’une heure de travail, il y a tout ce qui va avec et qui fait le métier de professeur : la préparation des cours, la correction des copies, la rencontre avec les parents… Quand un professeur fait ses dix-huit heures de cours par semaine, cela correspond à 39 heures de travail, selon le ministère de l’Education nationale. Je refuse de faire ces heures supplémentaires car si j’accepte, cela va se payer sur la qualité des cours,je ne vois pas comment tu peux assurer le même suivi.»

Bruno Robin, directeur d’école à Flines-lez-Raches, près de Douai, et secrétaire départemental de la FSU est d’accord : «Un directeur d’école primaire est payé pour 27 heures de cours, mais travaille en moyenne 45 heures. Très peu d’enseignants accepteront la surcharge de travail des heures supplémentaires». Pour lui, l’avenir qui se construit avec les suppressions de postes, c’est  «l’école de la réussite d’un côté et de l’autre celle de l’échec».

«Fainéant». Eva, professeur remplaçante en philosophie, approuve ce constat. Dans l’un des établissements où elle intervient, le lycée professionnel Gustave-Eiffel à Armentières, «en cinq ans, ce sont cinquante postes qui ont disparu. D’accord, c’est un gros bahut, avec 200 professeurs, mais ce sont des sections qui vont disparaître. Et cela va retomber sur qui ? Sur les élèves, qui auront encore moins le choix, qui devront aller à cinquante kilomètres pour avoir la formation qui les intéresse.» Ce qui la touche aussi, c’est que «la reconnaissance de notre travail, on ne peut pas dire que c’est le cas. Avant, l’instituteur, c’était une personnalité ; maintenant, le professeur, c’est un fainéant.» Alors qu’elle passe plus de 40 heures par semaine hors de chez elle, en assurant des remplacements dans trois établissements différents, à Armentières, Roubaix et Wattrelos.

Ric-rac. Pas de poste en moins cette année dans le collège d’Irène, prof de français à Lys-lez-Lannoy, près de Roubaix, mais il sera touché, «par ricochet. Des collèges voisins perdent des postes, des élèves vont arriver chez nous, les effectifs vont grimper». Elle a des classes à 29, «trop pour le collège», et une seule conseillère principale d’éducation pour 700 élèves. Le pire : impossible de s’occuper de l’absentéisme. «C’est ce que je ressens le plus durement. Les élèves qui décrochent, on ne fait pas grand chose pour les raccrocher. On est tellement ric-rac». Et puis il y a ceux qui sont là, mais éteints. Elle a découvert certains de ses élèves cette semaine : les effectifs avaient baissé à cause d’un voyage. «Tout le reste de l’année, on gère ceux qui posent problème, et ceux qui prennent la parole. Les élèves refermés, notamment à cause de la montée de la violence, on les découvre». Prof principal, elle est «assaillie» par les problèmes de discipline. «Je me dis, “j’ai une heure, je vais corriger des copies”, je ne peux pas. Il faut téléphoner à des parents, régler des problèmes de vol de portable, d’élèves qui sèchent les cours, cachés dans l’établissement, de conflits avec des profs ou entre élèves». Le nombre d’élèves? :  «Ce n’est pas les quatre copies à corriger en plus, le problème», elle est sûre qu’elle fait déjà plus de 40 heures. «Il y a des enfants qui ont besoin d’une vraie relation pour apprendre. Elle n’existe pas si ils sont nombreux. On perd des enfants comme ça».

Propos recueillis par S.M et H.S.

Source : Libélille

“Rendez-vous des Européens” à Lille ce mercredi : belle propagande européiste en perspective !

A l’approche de la présidence française de l’Union Européenne, qui débutera le 1er juillet prochain et que le gouvernement entend placer sous le signe de la “présidence citoyenne” (!), le ministère des affaires étrangères et européennes a décidé d’organiser plusieurs réunions et débats publics autour du thème de l’Europe. Les citoyens sont vivement invités à participer à ces journées que le gouvernement souhaite “pédagogiques”.

Premier rendez-vous ce mercredi 7 mai à Lille, où il est question de “fêter l’Europe et [de] débattre des valeurs et de l’identité commune des Européens” (1) .

Parmi les intervenants, outre la présence de membres du gouvernement, tels Xavier Darcos et Rama Yade, nous pourrons retrouver une pléiade de “grands européens” plus ou moins illustres. Notons notamment la présence des ineffables Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit et Jean Quatremer. Pour ceux qui ne le seraient pas, ce dernier, correspondant de “Libération” à Bruxelles, est l’auteur d’un blog (2) dans lequel il ne manque jamais une occasion de rappeler que les Français sont de pauvres idiots, incapables d’aimer et d’adhérer à une Europe si merveilleuse.

Inutile parmi les intervenants de chercher le moindre “noniste”, “alter-européen” ou “souverainiste”, il n’y en a pas. Seuls les partisans de l’Europe actuelle, fédéraliste, antidémocratique et libérale, qui se prétendent être les seuls vénérables et véritables “européens”, ont le droit à la parole. De biens beaux débats contradictoires en perspective…

L’organisation de ces “débats” n’est évidemment pas une volonté du gouvernement de donner la possibilité aux citoyens de donner leur avis sur l’Europe qu’ils souhaiteraient. Voire mieux, la prendre en compte. Bien au contraire, nos gouvernants se moquent éperdumment de l’avis des citoyens. On a ainsi pu le constater aisément au sort réservé au “NON” français du 29 mai 2005, scandaleusement trahi par la ratification en catimini de sa copie, le Traité de Lisbonne.

A l’inverse, l’organisation de ces pseudo-débats, à sens unique, autocongratulatoires et dépolitisés au maximum, sont une véritable oeuvre de propagande européiste orchestrée par Paris et Bruxelles. Le peuple français ne veut plus de cette construction européenne-là ? Le peuple français commence à se rendre compte que cette Europe-là est une dictature ? Rééduquons-le ! Expliquons-lui que ses doutes, que ses critiques sont mauvaises, nocives, archaïques, aussi nauséabondes que la peste et le choléra. Faisons de lui un brave et docile “citoyen européen” !

Il est de salut public que les citoyens dignes de ce nom de ce pays aillent en masse perturber – positivement – ces réunions, en vue d’y dénoncer ces ridicules mises en scènes propagandistes, et d’y imposer un véritable débat contradictoire.

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(1) http://europeens.touteleurope.fr/content/mercredi-7-mai-lille-rendez-vous-des-europeens

(2) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/