Dimanche prochain, les électeurs sont appelés à élire leurs nouveaux conseillers régionaux. Et si l’on en croit les sondages, le grand vainqueur en sera à nouveau l’abstention. Comment ne pas en être étonné ? Comment ne pas comprendre ? Rarement, depuis des décennies, les Français n’ont autant été coupés de leur classe politique dont la médiocrité et l’inconséquence n’ont d’égales que la faillite à laquelle elle voue, chaque jour un peu plus, le pays. Rarement les Français n’ont été aussi malmenés, méprisés et laissés pour compte, à l’heure même où la conjoncture économique est des plus déplorables.
Pour autant, aussi puissante sera-t-elle, l’abstention ne changera rien. Bien au contraire, ceux-là mêmes, les politiciens de l’UMPS, que l’on entend sanctionner en s’abstenant seront encore et toujours aux manettes. Bien sûr, ils feindront, le soir des résultats, d’être préoccupés par le nouveau record de l’abstention. Ils promettront même d’en « tirer les leçons », vieille et habile rengaine politicienne… Ont-ils pourtant un jour « tirés les leçons » du 21 avril 2002 ou de l’abstention record aux dernières élections européennes ? Jamais. Comment pourraient-ils d’ailleurs « tirer les leçons » d’un acte inintelligible en soi ? L’abstention, par nature, ne manifeste aucun message et peut ainsi avoir autant de motifs que d’abstentionnistes eux-mêmes. Ceux qui s’abstiennent par défiance seront, qu’ils le veulent ou non, mêlés avec tous ceux qui s’abstiennent essentiellement par désintérêt, négligence ou empêchement, et verront ainsi leur protestation purement et simplement ignorée.
Alors, plus que jamais, dans les circonstances actuelles, voter est un devoir. Seul le vote, parce qu’il exprime un message clair – une opposition, un projet, des valeurs – et peut s’accompagner d’une traduction politique concrète – des élus, une capacité à peser voire à diriger un exécutif – a le pouvoir de changer la donne.
Bien sûr, au regard des maigres compétences des régions, les enjeux intrinsèques du scrutin sont modestes. Mais le scrutin étant aussi un scrutin national – le dernier avant 2012 -, il doit être l’occasion pour les Français, au-delà de considérations proprement locales, d’exprimer avec force leur rejet de la caste politique UMPS et leur désir d’une politique radicalement différente, plus soucieuse de leur intérêt.
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