Archive pour la catégorie 'Actualité'

Manifestations du 15 mai : paroles de profs et lycéens en colère

Lille. La manif des fonctionnaires démarre à 14h30. En tête les profs, soutenus par les lycéens. Bruno, Eva, Irène, les deux Simon, Florian, directeur d’école, lycéens, profs, ils et elles disent pourquoi ils sont en grève.

«Des classes de langue à 35, c’est impossible». C’est pourtant ce qui risque d’arriver au lycée Gambetta de Tourcoing l’an prochain, si Florian Berche, responsable nordiste de l’UNL, élève dans l’établissement, a bien fait ses calculs. On annonce cinq suppressions de postes, «alors qu’en S on est déjà 35 par classe».

«On met en difficulté ceux qui ont du mal à suivre», ajoute Simon en terminale S au lycée Picasso, dans le quartier populaire de la République, à Avion. Pour l’instant, ils sont 27 dans sa classe. «En TP, à 14, on est limite, le prof n’a pas toujours le  temps de voir chacun». Avec le projet de supprimer une première S, il a calculé que ses collègues seront 38 l’an prochain. L’autre solution, c’est s’inscrire au lycée Condorcet de Lens, «mais ça veut dire quitter la maison à 7h et rentrer à 19h, et puis manger à la cantine, toutes les familles n’ont pas les moyens».

«Arnaque». «Cela fait cinq ans qu’on se chope les plus grosses suppressions de postes dans l’académie, alors qu’on a les plus bas résultats de France», dit un autre Simon, professeur d’histoire-géographie à la cité scolaire Emile-Zola, à Wattrelos. «Dans l’académie du Nord, 2/3 des suppressions sont liées à une baisse d’effectifs. C’est un raisonnement statistique, qui ne me paraît pas logique car on pourrait en profiter pour mener une vraie politique pour les collèges ambition réussite, qui ont un encadrement insuffisant. Mais ce que je n’admets pas, c’est qu’il y a un tiers des suppressions qui est lié à la politique de Sarkozy de dégager des heures supplémentaires.

Dans mon lycée, deux postes sont supprimés, soit 36 heures. Mais cent heures ont disparu. On va compenser la différence avec énormément d’heures supplémentaires, et en ratiboisant de ci, de là. Ces heures sup, c’est une arnaque financière. Elles sont moins bien payées que nos heures normales : 50% moins cher la première heure et 40% les suivantes. Surtout qu’une heure supplémentaire, ce n’est pas qu’une heure de travail, il y a tout ce qui va avec et qui fait le métier de professeur : la préparation des cours, la correction des copies, la rencontre avec les parents… Quand un professeur fait ses dix-huit heures de cours par semaine, cela correspond à 39 heures de travail, selon le ministère de l’Education nationale. Je refuse de faire ces heures supplémentaires car si j’accepte, cela va se payer sur la qualité des cours,je ne vois pas comment tu peux assurer le même suivi.»

Bruno Robin, directeur d’école à Flines-lez-Raches, près de Douai, et secrétaire départemental de la FSU est d’accord : «Un directeur d’école primaire est payé pour 27 heures de cours, mais travaille en moyenne 45 heures. Très peu d’enseignants accepteront la surcharge de travail des heures supplémentaires». Pour lui, l’avenir qui se construit avec les suppressions de postes, c’est  «l’école de la réussite d’un côté et de l’autre celle de l’échec».

«Fainéant». Eva, professeur remplaçante en philosophie, approuve ce constat. Dans l’un des établissements où elle intervient, le lycée professionnel Gustave-Eiffel à Armentières, «en cinq ans, ce sont cinquante postes qui ont disparu. D’accord, c’est un gros bahut, avec 200 professeurs, mais ce sont des sections qui vont disparaître. Et cela va retomber sur qui ? Sur les élèves, qui auront encore moins le choix, qui devront aller à cinquante kilomètres pour avoir la formation qui les intéresse.» Ce qui la touche aussi, c’est que «la reconnaissance de notre travail, on ne peut pas dire que c’est le cas. Avant, l’instituteur, c’était une personnalité ; maintenant, le professeur, c’est un fainéant.» Alors qu’elle passe plus de 40 heures par semaine hors de chez elle, en assurant des remplacements dans trois établissements différents, à Armentières, Roubaix et Wattrelos.

Ric-rac. Pas de poste en moins cette année dans le collège d’Irène, prof de français à Lys-lez-Lannoy, près de Roubaix, mais il sera touché, «par ricochet. Des collèges voisins perdent des postes, des élèves vont arriver chez nous, les effectifs vont grimper». Elle a des classes à 29, «trop pour le collège», et une seule conseillère principale d’éducation pour 700 élèves. Le pire : impossible de s’occuper de l’absentéisme. «C’est ce que je ressens le plus durement. Les élèves qui décrochent, on ne fait pas grand chose pour les raccrocher. On est tellement ric-rac». Et puis il y a ceux qui sont là, mais éteints. Elle a découvert certains de ses élèves cette semaine : les effectifs avaient baissé à cause d’un voyage. «Tout le reste de l’année, on gère ceux qui posent problème, et ceux qui prennent la parole. Les élèves refermés, notamment à cause de la montée de la violence, on les découvre». Prof principal, elle est «assaillie» par les problèmes de discipline. «Je me dis, “j’ai une heure, je vais corriger des copies”, je ne peux pas. Il faut téléphoner à des parents, régler des problèmes de vol de portable, d’élèves qui sèchent les cours, cachés dans l’établissement, de conflits avec des profs ou entre élèves». Le nombre d’élèves? :  «Ce n’est pas les quatre copies à corriger en plus, le problème», elle est sûre qu’elle fait déjà plus de 40 heures. «Il y a des enfants qui ont besoin d’une vraie relation pour apprendre. Elle n’existe pas si ils sont nombreux. On perd des enfants comme ça».

Propos recueillis par S.M et H.S.

Source : Libélille

“Rendez-vous des Européens” à Lille ce mercredi : belle propagande européiste en perspective !

A l’approche de la présidence française de l’Union Européenne, qui débutera le 1er juillet prochain et que le gouvernement entend placer sous le signe de la “présidence citoyenne” (!), le ministère des affaires étrangères et européennes a décidé d’organiser plusieurs réunions et débats publics autour du thème de l’Europe. Les citoyens sont vivement invités à participer à ces journées que le gouvernement souhaite “pédagogiques”.

Premier rendez-vous ce mercredi 7 mai à Lille, où il est question de “fêter l’Europe et [de] débattre des valeurs et de l’identité commune des Européens” (1) .

Parmi les intervenants, outre la présence de membres du gouvernement, tels Xavier Darcos et Rama Yade, nous pourrons retrouver une pléiade de “grands européens” plus ou moins illustres. Notons notamment la présence des ineffables Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit et Jean Quatremer. Pour ceux qui ne le seraient pas, ce dernier, correspondant de “Libération” à Bruxelles, est l’auteur d’un blog (2) dans lequel il ne manque jamais une occasion de rappeler que les Français sont de pauvres idiots, incapables d’aimer et d’adhérer à une Europe si merveilleuse.

Inutile parmi les intervenants de chercher le moindre “noniste”, “alter-européen” ou “souverainiste”, il n’y en a pas. Seuls les partisans de l’Europe actuelle, fédéraliste, antidémocratique et libérale, qui se prétendent être les seuls vénérables et véritables “européens”, ont le droit à la parole. De biens beaux débats contradictoires en perspective…

L’organisation de ces “débats” n’est évidemment pas une volonté du gouvernement de donner la possibilité aux citoyens de donner leur avis sur l’Europe qu’ils souhaiteraient. Voire mieux, la prendre en compte. Bien au contraire, nos gouvernants se moquent éperdumment de l’avis des citoyens. On a ainsi pu le constater aisément au sort réservé au “NON” français du 29 mai 2005, scandaleusement trahi par la ratification en catimini de sa copie, le Traité de Lisbonne.

A l’inverse, l’organisation de ces pseudo-débats, à sens unique, autocongratulatoires et dépolitisés au maximum, sont une véritable oeuvre de propagande européiste orchestrée par Paris et Bruxelles. Le peuple français ne veut plus de cette construction européenne-là ? Le peuple français commence à se rendre compte que cette Europe-là est une dictature ? Rééduquons-le ! Expliquons-lui que ses doutes, que ses critiques sont mauvaises, nocives, archaïques, aussi nauséabondes que la peste et le choléra. Faisons de lui un brave et docile “citoyen européen” !

Il est de salut public que les citoyens dignes de ce nom de ce pays aillent en masse perturber - positivement - ces réunions, en vue d’y dénoncer ces ridicules mises en scènes propagandistes, et d’y imposer un véritable débat contradictoire.

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(1) http://europeens.touteleurope.fr/content/mercredi-7-mai-lille-rendez-vous-des-europeens

(2) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/

Un racisme qui s’avoue à peine, une guerre civile larvée qui se dévoile

« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les cht’is »

Telle est la banderole méprisante et haineuse à l’égard des habitants du Nord Pas de Calais que des pseudo-supporters du Paris SG ont déployé à l’occasion de la finale de la Coupe de la Ligue de football opposant samedi soir au Stade de France leur club au RC Lens.

Alors que ce match était placé sous le signe de la lutte contre le racisme, ces répugnants personnages ont pu laisser cours à leur haine avec le déploiement d’une banderole de trente mètres, recouvrant pratiquement toute la longueur de la tribune située derrière le but. Le drap est resté pendant plus de cinq minutes, le temps qu’il a fallu aux responsables du stade, restés inertes jusque là, pour réagir.

L’injure faite aux habitants d’une région française n’a pas non plus ému plus que cela les « officiels » présents, dont le premier personnage de l’Etat, Nicolas Sarkozy, resté sagement assis sur son siège. Pas la moindre protestation à la hauteur de l’outrage. Seuls Guy Delcourt et Bertrand Delanoë ont tenu à protester de manière vigoureuse contre cette banderole en boycottant la remise des trophées. C’était encore bien trop peu, mais on ne s’était pas couché honteusement. On fut bien loin de la réaction virulente de Jacques Chirac, quittant les tribunes après une Marseillaise sifflée lors d’une finale de Coupe de France en 2002.

L’après-match fut d’une même teneur, rongé par l’envie des joueurs et des dirigeants sportifs de minimiser l’affaire, de la cantonner à un simple incident banal de stade. Force est de constater que chambrer et ridiculiser le club adverse est une pratique courante chez certains supporters. Si cela reste la plupart du temps bon enfant, il arrive que ces taquineries dépassent le cadre de la simple rivalité entre clubs, et se transforment en mots plus que douteux, dans la seule ambition de blesser, de faire mal, au-delà même des supporters. « Pendant que nos pères inventaient le cinéma, les vôtres crevaient dans les mines » balançaient ainsi, lors d’un derby passé, des supporters de Lyon à ceux de Saint-Etienne.

Et toute cette haine tranquille passait impunément les portes de la légalité, et de l’intelligentsia. C’était devenu normal. Le même cinéma a faillit se jouer à nouveau ce week-end. C’était sans compter sur l’amour propre d’un Guy Delcourt, député-maire de Lens, et d’un Gervais Martel, président du RC Lens, qui décidèrent de ne pas laisser passer cet affront fait à tous les habitants de leur région d’origine.

Gervais Martel battu le rappel sur toutes les télés et radios, pendant que Guy Delcourt décida de porter plainte contre X au tribunal de grande instance de Béthune (en qualité de maire de Lens) et au tribunal de grande instance de Paris (en qualité de député), qualifiant la banderole de «discrimination scandaleuse», allant même parler de « racisme », terme jusque là tabou. Ce dernier a même demandé la citation comme témoin du président de la République, Nicolas Sarkozy, de la ministre de la Justice, Rachida Dati, et du secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, tous présents au stade de France samedi.

Il en était fini du silence, du tabou imposé par le politiquement correct. Alors que la lutte contre le racisme est depuis de nombreuses années une cause nationale, alors que les accusations de racisme fusent à la moindre opinion divergente sur l’Islam ou l’immigration, galvaudant le terme même de « racisme », le silence est de mise quand des « blancs » sont victimes de racisme. On voit tellement le racisme partout qu’on en a les yeux totalement éblouis.

Parce qu’il s’agit bien de racisme quand on insulte de telle manière les habitants d’une région, en les mettant tous dans un même moule. Les professionnels de l’antiracisme sont les premiers à s’indigner lorsqu’un joueur « noir » est insulté. Nous aussi. Mais on ne les entend guère lorsque, par exemple, les « français » sont menacés par le FLNC lors des élections municipales. Ni quand des « blancs » sont lynchés pour ce simple fait à Mayotte.

Nombreux sont ainsi ceux de l’intelligentsia médiatique, politique et associative qui présentèrent, finalement, leur indignation en ce jour. Un bien beau progrès !

Si les milieux politiques et les milieux sportifs veulent vraiment lutter contre le racisme dans le football, la cohérence devrait les conduire à sanctionner sévèrement le Paris SG, à l’instar des clubs de Metz et de Bastia. Le feront-ils vraiment ? C’est une autre affaire.

Quoiqu’il en soit, l’affichage tranquille de telles banderoles en dit long sur le climat de guerre civile larvée qui existe dans notre pays. Le respect mutuel que se doivent les citoyens d’un même pays se délite aujourd’hui en France. Les politiques antirépublicaines désastreuses menés par nos gouvernants successifs ont exacerbés les antagonismes sociaux et géographiques qui pouvaient exister en France. Elles ont fait le nid de tous les communautarismes. Elles ont enflammé le rejet de l’autre. Le racisme social et géographique affiché par des supporters ultras du PSG en sont aujourd’hui la dernière illustration.

En outre et pour conclure, le fait que l’opinion, bien au-delà du Nord Pas de Calais, ait pu s’émouvoir des propos injurieux et blessants de cette banderole, démontre et révèle - tout comme le succès national du film de Dany Boon « Bienvenue chez les Ch’tis » - un attachement hors du commun des Français à une région et à ses habitants. Pas par goût du voyeurisme ou du folklore, pas par régionalisme primaire. Mais par affection, par proximité. Au fond, l’image qu’ont les Français de leur territoire le plus septentrional et de ses habitants, c’est une image qu’inconsciemment ils aimeraient avoir de leur France dans sa totalité. C’est une France rêvée, idéale, cette France accueillante, fraternelle, travailleuse et fière d’elle, avec son je ne sais quoi de « gaulois », que ses citoyens voient aujourd’hui dans le Nord Pas de Calais.

C’est cet idéal français que ces pseudos-supporters ont quelque part insulté, créant une émotion sans précédent pour une « simple » banderole déployée dans un stade.