
« Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance… » Un peu de Trénet pour se mettre en appétit et accompagner l’entrée dans une salle des cérémonies comble (quelque deux cent cinquante personnes) de Nicolas Dupont-Aignan, chef de file du mouvement Debout la République. Mais d’« insouciance », il ne sera pas plus longtemps question…
Enfin, si, encore un peu tout de même. Le temps notamment pour François-Xavier Villain de brocarder celle avec laquelle ses adversaires auraient jusqu’ici choisi de gérer l’Europe. Et de se gausser ainsi de la récente venue à Cambrai de Jacques Toubon (« Un homme pourtant respectable », prendra soin de mentionner le député-maire), dans le cadre d’un meeting estampillé UMP au gré duquel l’ex-Garde des Sceaux et ministre de la Culture, aujourd’hui eurodéputé, aura décidé de défendre l’institution européenne en expliquant – sans doute avec l’intention d’en faire un exemple probant de la richesse des travaux du parlement – qu’on légifère en ce moment même à Bruxelles « sur la taille des étiquettes des pots de yaourts »… Rires dans la salle. Et sur le visage d’un FXV se fendant d’un cuisant : « Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de la taille des étiquettes des pots de yaourts ? » Et l’édile cambrésien de poursuivre sur le même ton : « On nous dit que le contournement de Cambrai, la piscine Liberté et autres, c’est grâce à l’argent qu’a donné l’Europe ! Mais la France verse chaque année 19 milliards d’euros à cette Europe, qui ne lui en redistribue que 13 ! Et il faudrait encore qu’on lui dise merci ? » Applaudissements nourris. « Il est où le vrai débat dans tout ça ?,interpelle alors François-Xavier Villain. Le vrai débat, c’est de savoir quelle Europe on va léguer à nos enfants. Et nous, on ne veut plus de cette Europe qui méprise les citoyens en voulant tout réglementer ! » Surfant sur la même vague, Thierry Grégoire, tête de liste de Debout la République dans la circonscription Nord-Ouest, prend alors le relais en insistant sur le fait que « l’Europe est une idée merveilleuse qu’on est en train de nous faire détester ».
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Vient le tour de Nicolas Dupont-Aignan… « Stop à la mascarade ! », tance l’ex-cadre d’un RPR dont il aura claqué la porte pour en avoir assez de voir ses anciens amis « et le PS mener la même politique en faisant semblant de se diviser sur l’accessoire ». Il en veut pour preuve le fait qu’ils aient tour à tour ratifié « des traités les dépossédant à chaque fois un peu plus de leurs pouvoirs et prérogatives, au profit de la commission de Bruxelles, de la cour de justice de La Haye ou de la banque centrale européenne, que gèrent des technocrates, non élus et donc non légitimes pour incarner ce que souhaitent les citoyens ! » Résultat ? « On se contente de regarder les trains passer alors que le pays est en train de crever », déplore le leader de Debout la République, qui parle de « débâcle industrielle » face à laquelle on lui répond, lorsqu’il se rend dans un ministère, « qu’on ne peut rien faire parce que c’est Bruxelles qui décide »… Alors comment la verrait-il, « son » Europe, Nicolas Dupont-Aignan ? Il l’a expliqué dans son Petit livre mauve.
Au sein duquel il est notamment indiqué que l’Europe devrait ressembler, en quelque sorte, à « un syndic de copropriété ». Et comme le concierge dudit syndic « n’a pas à se mêler de ce que vous mangez, à quelle heure ou encore de la couleur de votre moquette », l’Europe se chargerait uniquement « des parties communes, en laissant le soin à chaque pays de s’occuper de son chez-soi ». L’idée de Nicolas Dupont-Aignan serait ainsi de créer des « agences de coopération à la carte » entre pays membres, « pour s’accorder sur des points précis, sans attendre que les 27 soient d’accord ou subir les fourches caudines des technocrates bruxellois »
La Voix du Nord
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