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Aubry-Huyghe : bonnet blanc et blanc bonnet

A Lille, le duel entre Martine Aubry (PS) et Sébastien Huyghe (UMP) pour la mairie fut présenté par les médias locaux et nationaux comme le grand affrontement. Chacun des deux serait porteur d’une politique pour la ville totalement antagoniste. Entre les deux, il y aurait le choix… Sauf à y regarder de plus près.

Le candidat de l’UMP, Sébastien Huyghe, est ce que l’on peut appeler un sarkozyste pur et dur. Son parcours politique ne laisse en effet pas de doute quant à son esprit “libéral” : il débute ainsi sa carrière à Démocratie Libérale, parti dirigé par Alain Madelin, qui travaille au démantèlement du modèle social français et milite pour une économie ultra-libérale. Passé à l’UMP, il adhère au Club des réformateurs, groupe de libéraux décomplexés où il côtoie des anciens d’Occident tel Devedjian ou Gérard Longuet. En tant que député, il est à l’origine du dernier projet de loi sur l’assouplissement des droits de successions, beau cadeau fait aux grandes fortunes du pays. Il est aussi l’auteur d’un rapport concernant “l’attractivité du territoire pour les sièges sociaux des grands groupes internationaux“, dans lequel il fustige les charges sociales trop lourdes et “l’image de la France bloquée par des grèves régulières“. Récemment, il a fait partie des nombreux parlementaires anti-démocrates qui ont approuvé la ratification dans le dos du peuple du Traité de Lisbonne, bafouant ainsi la parole des français exprimée le 29 mai 2005.

En face, Martine Aubry, candidate sortante à la tête d’une liste de “gauche plurielle”, et également candidate à la présidence de Lille Métropole, ferait figure de gentille socialiste résistant à l’envahisseur sarkozyste… Et pourtant ! Cette ancienne directrice générale de Péchiney a une foi inébranlable en l’entreprise. Foi qui l’a amené à une acceptation illusoire et sans condition de la mondialisation libérale - dite “heureuse”- , à l’instar de ses collègues “socialistes” DSK, Jospin, Kouchner et j’en passe. N’a-t-elle pas été une ardente militante du “OUI” à la Constitution européenne, dont le principe fondamental était la “concurrence libre et non faussée”, véritable rejet du droit des hommes à prendre leur destin en main ?

La volonté politique est ainsi réduite chez elle à accompagner au mieux une économie libérale qui au final nous rendra tous heureux. Construisons des casinos, des Galeries Lafayette, des Euralille 2, et les Lillois finiront par vivre heureux.

Mais le meilleur reste à venir : Martine Aubry a, pendant son mandat, anticipé à Lille ce que pourrait être la France après le massacre de la laïcité par Sarkozy. C’est elle qui a autorisé la mise en place d’horaires de piscine spécifiques aux femmes musulmanes, permit l’existence d’activités non-mixtes dans des centres sociaux et donné le feux vert à la construction d’un lycée puis d’une faculté musulmane, qui plus est de véritables organes de propagande de l’UOIF !

Endormi par la futile guéguerre entre bonnet blanc et blanc bonnet, Lille se réveillera-t-il un jour de son sommeil bobo-libéral ?

Roubaix : le “rassemblement citoyen” de Christian Maes et Max-André Pick

A Roubaix, deuxième ville de la métropole lilloise et de la région, la campagne des municipales a réservé une surprise de taille : l’alliance, a priori improbable, entre Christian Maes, tête de file locale du MRC et Max-André Pick, opposant UMP à l’actuel maire sortant, sous le terme d’”union républicaine”.

Décriée comme une pure manoeuvre politicienne, cette alliance, destiné à rassembler tous les roubaisiens dans l’ambition d’offrir à la ville une véritable alternative à la liste socialo-centriste du candidat sortant, René Vandierendonck, n’en reste pas moins pourvu d’un fond idéologique véritable, celui des valeurs républicaines. Ils ont ainsi adressé un appel à rejoindre leur “démarche de rassemblement des Roubaisiens autour des valeurs républicaines de citoyenneté, de fraternité, d’égalité, de laïcité afin de mettre en oeuvre une réponse aux défis posés à notre ville. Au-dessus des parcours de chacun et des engagements personnels, l’exigence pour que Roubaix change est d’avoir enfin une vraie équipe municipale au service des habitants.” “L’union fera notre force, l’intérêt général et la cohésion sociale seront nos priorités“, ont conclu Max-André Pick et Christian Maes dans un texte cosigné.

Présentée le 23 février dernier, la liste de “rassemblement citoyen”, conduit par Max-André Pick, avec Christian Maes en troisième position, manifeste à tous les sceptiques la sincérité de son ambition : majoritairement composée de citoyens ordinaires et non encartés, il est ainsi bien difficile de la décrire comme UMP ou MRC, ou encore “de droite” ou “de gauche”. Loin d’être une simple façade, l’esprit républicain est perceptible clairement sur le programme de la liste, notamment par la volonté affichée, au milieu de mesures axés sur la vie quotidienne, de mettre fin aux politiques de discrimination positive…

Evoquant « la déliquescence politique, la mise en avant des communautarismes au détriment de l’intérêt commun, nées des divisions de la précédente majorité et des erreurs d’un maire dépassé par la situation », Christian Maes met le doigt où ça fait mal. Non seulement les conditions de vie des roubaisiens ont été ignorés et dégradés durant ces sept ans, au profit d’une délirante politique d’image et de façade, mais le clientélisme-roi et le laxisme envers les islamistes locaux ont peu à peu détruit l’idéal républicain dans cette ville. Laxisme devenu carrément une complaisance de la part des Verts locaux, surnommés depuis les “verts verts”, dont le tête de file, Slimane Tir, brigue lui aussi la marie.

Loin d’être une alliance de circonstance, gageons, toute réserve gardée, qu’une victoire du “rassemblement citoyen” ne pourra qu’être un sursaut bénéfique pour les Roubaisiens… et la République.

“Où va la Belgique ?”

Les Amis du Monde Diplomatique nous invitent à un débat sur le thème “
Où va la Belgique ?”


Mardi 11 mars à 20h30 à la MRES, 23 rue Gosselet, 59 000 Lille

“Une crise politique d’une grande ampleur a secoué nos voisins au cours
du second semestre 2007, crise qui trouve un dénouement provisoire en
reconduisant le premier ministre Guy Verhofstat pour un troisième mandat
intérimaire jusqu’au 23 mars prochain.
Au cours de cette crise, le 7 novembre les parlementaires flamands ont
voté en commission la scission inconditionnelle de l’arrondissement
Bruxelles-Hal-Vilvorde après que les parlementaires wallons et
francophones eurent quitté la séance. Une nouvelle nation flamande
est-elle née lors de ces événements? Que peut devenir la Belgique après
le 23 mars? Quel est l’impact possible au niveau de l’Europe?”

Municipales & Cantonales : ils ont trahi le peuple… Sanctionnons les durement ! (2)

La suite de la liste des parlementaires ayant trahi la démocratie, et se présentant aux prochaines élections municipales et cantonales. Après ceux du Nord, voici ceux du Pas-de-Calais :

- Daniel Fasquelle, député, candidat à la mairie du Touquet, a voté POUR le déni de démocratie.
- Frédéric Cuvillier, député, candidat à la marie de Boulogne-sur-Mer, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Odette Duriez, députée, candidate à la mairie de Cambrin, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Guy Delcourt, député, candidat à la mairie de Lens, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Michèle San Vicente, sénatrice, candidate à la mairie d’Annay-sous-Lens, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur, candidat à la mairie d’Arras, a voté POUR le déni de démocratie.


- Françoise Henneron, sénatrice, candidate aux cantonales pour le canton d’Aire-sur-la-Lys, a voté POUR le déni de démocratie.

Municipales & Cantonales : ils ont trahi le peuple… Sanctionnons les durement !

Le 4 février dernier, les parlementaires, réunis en Congrès devaient se prononcer sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du Traité de Lisbonne. Ce vote avait un enjeu simple : pouvaient-ils OUI ou NON renier de leur propre cher la volonté des français exprimée le 29 mai 2005 à propos de la Constitution européenne, et dont le Traité de Lisbonne est une copie ? Sans aucun scrupule, ils ont répondu à l’affirmative à une écrasante majorité.

En votant POUR ou en s’abstenant, les parlementaires nordistes ci-dessous, qui se présentent aux prochaines élections municipales et cantonales, ont trahi notre parole, et bafouer la démocratie. L’honneur et le bon sens des citoyens que nous sommes doivent nous amener, les 9 et 16 mars, à les sanctionner dans les urnes avec la plus grande sévérité !

La liste :

- Marc-Philippe Daubresse, député, candidat à la mairie de Lambersart, a voté POUR le déni de démocratie.
- Sébastien Huygue, député, candidat à la marie de Lille, a voté POUR le déni de démocratie.
- Thierry Lazaro, député, candidat à la mairie de Phalempin, a voté POUR le déni de démocratie.
- Francis Vercamer, député, candidat à la mairie de Hem, a voté POUR le déni de démocratie.
- Dominique Baert, député, candidat à la mairie de Wattrelos, a voté POUR le déni de démocratie.
- Bernard Gérard, député, candidat à la mairie de Marcq-en-Baroeul, a voté POUR le déni de démocratie.
- Christian Vanneste, député, candidat à la mairie de Tourcoing, a voté POUR le déni de démocratie.
- Yves Durand, député, candidat à la mairie de Lomme, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Michel Delebarre, député, candidat à la mairie de Dunkerque, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Jean-Pierre Decool, député, candidat à la mairie de Broukerque, a voté POUR le déni de démocratie.
- Françoise Hostalier, députée, candidate à la mairie de Nieppe, a voté POUR le déni de démocratie.
- Cécile Gallez, députée, candidate à la mairie de St Saulve, a voté POUR le déni de démocratie.
- Alain Cacheux, député, candidat colistier de Martine Aubry à la mairie de Lille, s’est abstenu de défendre la démocratie.
- Alex Turk, sénateur, candidat colistier de Sébastien Huygue à la mairie de Lille, a voté POUR le déni de démocratie.

“A chaque élection, Sarkozy vient pleurer avec nous”

Trois ex-Metaleurop, de l’association d’anciens salariés Choeurs de fondeurs, commentent la visite de Nicolas Sarkozy jeudi dernier sur le site de l’ancienne fonderie de plomb et de zinc transformé en site de recyclage.

Nicolas Sarkozy s’est réjoui de la «création de 420 emplois» sur l’ancien site.
Albert Lebleu, ancien cadre de Metaleurop, retraité : La vérité, c’est que seulement 70 emplois ont été créés sur le site même, dont une vingtaine seulement pour les ex-Metaleurop, et six anciens ont créé leur emploi. Tous les autres sont des transferts. Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le dire, en particulier de la part du premier représentant de l’Etat! Pour les anciens qui ont beaucoup de difficultés, tout ce cinéma, cette agitation du président, ça provoque de la colère.

En 2003, Metaleurop-Nord est lâché par Glencore, l’actionnaire principal, et le site ferme.
Nicolas Sarkozy s’est insurgé hier contre ce «capitalisme sans foi ni loi».
Jean-Louis Martin, ancien cadre à Metaleurop, retraité : Chaque fois qu’il y a une élection, Sarkozy vient pleurer avec nous. Y’en a marre. L’Etat français vient de donner un tiers des réserves de minerai de nickel en Nouvelle-Calédonie à Glencore. Sarkozy tient un discours, mais baisse la garde sur la justice, il dépénalise le droit des affaires : ce sera encore plus facile qu’avant de fermer des sites. Fermer une boîte, c’est créer des SDF, des suicides, de l’alcoolisme. Au passage, certains partis utilisent la désespérance des gens. Beaucoup d’anciens salariés sont devenus militants du Front national.

Combien d’ex-Metaleurop ont retrouvé du travail?
Albert Lebleu : Sur les 811, seuls 350 sont en CDI. 25 ont créé leur entreprise, 30 sont en CDD, 50 intérimaires, 70 au Rmi. Environ 200 ont bénéficié de pré-retraites et de départs anticipés, 11 d’une retraite amiante, 30 sont dispensés de recherche d’emploi, mais vivent en grande précarité en attendant la retraite, 12 sont en invalidité, 19 décédés.

Que s’est-il dit à la table ronde avec Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo?

Farid Ramou, ancien syndicaliste CGT à Metaleurop, cadre chez Sita Rebonds : Nicolas Sarkozy nous a dit qu’il voulait faire voter un texte qui oblige les groupes à assumer pour leurs filiales. Dont acte. Un tel texte aurait pu éviter le désastre de Metaleurop-Nord. Ça fait cinq ans qu’on le réclame.

Que lui avez vous demandé?
Farid Ramou : Je lui ai demandé qui serait concerné par cette loi. Si elle pourrait s ‘appliquer en cas de défection d’un actionnaire principal étranger, et intouchable comme Glencore. Il a répondu «ça concernera les investisseurs français et étrangers». Est-ce que ça sera applicable, exportable, au moins en Europe? J’attends de voir. J’ai demandé un audit sur l’action des cellules de reclassement. Ce sont surtout des pompes à fric, je l’ai vécu. Ce n’est pas grâce à eux que j’ai trouvé du travail. Les salariés de ces cellules, en CDD, changent tout le temps, sont jeunes et ne connaissement pas bien la réalité du monde du travail qu’ils doivent présenter aux reclassés. Il a acquiescé.

Quelle impression vous laisse-t-il?
Farid Ramou : Je ne suis de son bord, pas du tout, même, mais je lui reconnais un certain volontarisme politique. Reste à savoir si les moyens suivront. A part ça, je l’ai trouvé fatigué!

Qu’avez vous pensé de cette visite?

Jean-Louis Martin : Je suis choqué par le personnage. C’est la deuxième fois qu’il vient, et cette fois encore, avant une élection. Il est venu se refaire une popularité. La dernière fois il a déposé une gerbe sur la stèle en hommage aux ouvriers morts dans les accidents de 93-94. Il s’est recueilli, puis il s’est retourné pour faire coucou aux dames. C’est choquant pour nous qui sommes marqués par ces accidents et par la fermeture. Il nous mène en bateau. A l’association Choeurs de fondeurs, créée après la mort de Metaleurop, on avait envoyé aux candidats à la présidence une liste de questions. On demandait que la justice prenne en compte ce qui était arrivé, une politique de réindustrialisation, et une lutte contre Glencore au niveau international. Royal et Bayrou avaient répondu. Lui, il a envoyé un accusé de réception. Notre questionnaire, il s’est assis dessus.

Il propose un fonds national pour la réindustrialisation éventuellement abondé par l’Etat.

Jean-Louis Martin : C’est une bonne idée. Mais il faut que les salariés et les ex-salariés aient un droit de regard. En attendant, la facture sociale, économique, environnementale, sanitaire, c’est l’Etat et les collectivités qui la paient. Beaucoup d’argent public a été dépensé sur l’après-Metaleurop. Mais maintenant, Metaleurop va très bien, elle s’appelle Recylex, et le cours de l’action a explosé. Glencore, lui, est devenu encore plus puissant que Nestlé.

Propos recueillis par Haydée Sabéran

Source : Libé Lille

A Lille, Jean-Luc Mélenchon appelle à défendre la laïcité

Mercredi 13 février dernier, Jean-Luc Mélenchon était à Sciences Po Lille pour donner une conférence sur la laïcité et le discours de Latran de Nicolas Sarkozy. Le républicain intransigeant qu’il est analysa et répliqua brillamment pendant plus d’une heure et demi au discours du Président, véritable remise en cause de notre laïcité. Il a ainsi appelé à résister dès aujourd’hui à cette offensive mené contre la laïcité et la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

La teneur des propos de cette conférence, reprenant ceux d’une autre faite par Mélenchon devant le Grand Orient de France le 22 janvier dernier, sont consultables ici, mais également dans un livre du même auteur paru cette semaine, “Laïcité. Réplique au discours de Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran“, que vous pouvez commander chez votre libraire habituel.


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